Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je suis Claire Rampon, directrice de recherches au CNRS et actuellement co-responsable d’une équipe de recherche et directrice d’un laboratoire, le Centre de Recherches sur la Cognition Animale à Toulouse (CRCA). J’ai une formation de neurobiologiste, j’ai étudié l’anatomie des circuits cérébraux du sommeil pendant ma thèse à Lyon puis je suis partie aux Etats-Unis pour un postdoc à l’université de Princeton où j’ai commencé à étudier les mécanismes cellulaires et moléculaires de la mémoire. Je suis revenue en France en tant que maitre de conférences à l’université de Paris XI, puis j’ai rejoint le CNRS à Toulouse.
Pouvez-vous présenter le CRCA et son expertise ?
Le CRCA est un laboratoire consacré à l’étude de la cognition animale. L’objectif principal de nos recherches est l’étude pluridisciplinaire et comparée des processus cognitifs chez divers modèles animaux allant des invertébrés aux vertébrés. La diversité des modèles étudiés au CRCA en fait un laboratoire unique en France.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous orienter vers les neurosciences ?
J’ai eu le déclic pour les Neurosciences lors de la rentrée en master et la rencontre avec un professeur passionné par ses recherches sur l’olfaction à l’université de Lyon. J’avais aussi depuis longtemps envie de mieux comprendre les maladies mentales.
Quel projet ou quelle expérience a particulièrement marqué votre parcours ?
Chaque projet auquel j’ai participé a été une aventure scientifique et humaine marquante, car j’ai eu la chance de travailler avec des étudiants et collaborateurs passionnés. Nos études qui ont consisté à manipuler les nouveaux neurones générés dans le cerveau adulte pour comprendre leur rôle dans les processus mnésiques ont été très stimulantes.
Quels ont été les principaux défis que vous avez rencontrés en tant que femme dans votre domaine ?
Peut-être celui de devoir trouver la manière qui me convenait le mieux pour construire ma carrière et gérer la charge de travail, tout en préservant du temps et de l’énergie pour ma famille. Cela dit, j’ai le sentiment que cette question de l’équilibre entre engagement professionnel et vie personnelle concerne aujourd’hui autant les femmes que les hommes dans de nombreux domaines professionnels.
Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre travail au quotidien ?
Ce qui me passionne le plus, c’est la combinaison entre liberté intellectuelle, autonomie et richesse des interactions humaines. J’aime pouvoir choisir mes projets de recherche, organiser mon travail de manière autonome. J’apprécie aussi énormément d’évoluer dans un environnement international et stimulant, de former
de jeunes chercheurs et de participer à des missions diverses et variées telles que l’expertise, la communication scientifique ou encore l’enseignement.
En tant que Directrice du CRCA, qu’est-ce qui vous a motivée à vous engager dans ces fonctions ?
Je suis convaincue de l’importance de s’engager dans des missions collectives. À ce titre, le collectif du CRCA me tient particulièrement à cœur, car il rassemble des femmes et des hommes remarquables, passionnés et tournés vers le grand public.