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Le portrait de Thomas Béchard : la recherche au service du sport

Thomas Béchard a réalisé son cursus universitaire au STAPS de Toulouse, d’abord avec une licence Entraînement Sportif, puis une licence Management du Sport et enfin un Master Entraînement et Optimisation de la Performance Sportive (EOPS). Il a ensuite poursuivi en thèse, sous la direction du même encadrant que lors de son mémoire de M2 recherche

Pour ce travail, ils se sont orientés vers le club de rugby Colomiers Rugby, un choix naturel au regard du parcours professionnel de Thomas, qui avait toujours effectué ses stages de licence et de master dans des clubs de rugby, que ce soit en tant qu’entraîneur ou préparateur physique.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous orienter vers une thèse CIFRE ?

Je trouvais le cadre de la thèse CIFRE très intéressant car c’est de la recherche appliquée où je pouvais à la fois faire de la recherche du niveau élevé que demande une thèse mais aussi faire de la recherche qui a un intérêt et une application terrain. De plus le fait que je puisse garder le même tuteur m’a permis de me rassurer et savoir que j’allais être bien accompagné durant cette période.

Pouvez-vous résumer votre thèse en quelques phrases ?

Sujet de thèse : Performance en rugby à XV : articulation entre indicateurs collectifs et impact individuel

Cette thèse porte sur l’analyse de la performance en rugby à XV, avec un double objectif : mieux comprendre le jeu et proposer des outils utiles aux staffs professionnels. Concrètement, elle cherche à expliquer comment les interactions entre les joueurs influencent à la fois la performance collective et l’effort individuel. Pour cela, j’ai développé et adapté des méthodes d’analyse permettant d’identifier les actions les plus déterminantes dans un match et de mesurer l’impact réel de chaque joueur. L’objectif final est de proposer des indicateurs fiables et faciles à utiliser pour aider à la prise de décision, que ce soit pour le suivi des joueurs ou l’amélioration des performances de l’équipe.

Quelle problématique principale cherchez-vous à résoudre ?

La problématique que j’ai cherché à résoudre est comment articuler de manière objective et intégrée les indicateurs de performance collective et l’impact individuel des joueurs afin de mieux comprendre les déterminants de la réussite en rugby à XV ? Cette problématique s’est faite en collaboration avec le staff de Colomiers Rugby qui voulait développer des outils d’analyses « factuel » des joueurs sur leur performance.

Pourquoi ce sujet est-il, selon vous, important aujourd’hui ?

Je le trouve important car le rugby professionnel et plus largement le sport professionnel repose en très grande partie sur les performances, qu’elles soient collective ou individuelle. Mon sujet vise donc analyser et comprendre les performances collectives et individuelles pour améliorer les performances futures.

Quels sont les principaux résultats ou apports de votre thèse ? Et comment avez-vous procédé pour les atteindre ?

En collaboration avec l’Institut de Mathématiques de Toulouse, nous avons identifié, à grande échelle, les indicateurs les plus déterminants de la victoire grâce à des méthodes de machine learning, et développé un indice de performance individuelle permettant de quantifier objectivement l’impact d’un joueur en tenant compte de son poste, de son temps de jeu et du contexte. Pour atteindre ces résultats, je me suis appuyé sur des données issues du terrain, que j’ai analysées à l’aide de méthodes statistiques avancées et d’approches d’intelligence artificielle explicable, afin de relier performance individuelle et dynamique collective.

Quel impact concret cette thèse a-t-elle eu pour le club ?

Cette thèse a eu un impact direct sur le fonctionnement de Colomiers Rugby. J’ai notamment mis en place des outils de suivi de la charge d’entraînement à partir des données GPS, avec des rapports automatisés permettant de suivre précisément l’intensité des efforts des joueurs au quotidien. Cela a aidé le staff à mieux gérer la charge de travail et à prévenir les risques de fatigue ou de blessure. J’ai également contribué à améliorer l’analyse de la performance en match, en identifiant les facteurs clés propres à l’équipe et en proposant des indicateurs plus pertinents pour guider les choix tactiques. Plus globalement, les outils développés ont permis de transformer la donnée brute en informations concrètes, directement utilisables par le staff pour la prise de décision.

D’après votre expérience et celle de Colomiers Rugby, quels bénéfices une entreprise peut-elle tirer d’une thèse CIFRE ? Que diriez-vous à une entreprise qui envisage de se lancer dans ce type de collaboration ?

D’après mon expérience, une thèse CIFRE permet à une entreprise de bénéficier d’une recherche de haut niveau tout en restant centrée sur ses problématiques concrètes. Elle offre surtout le temps nécessaire pour comprendre en profondeur les besoins, tester différentes approches et construire des outils solides et durables, ce qui est difficile à faire dans des projets courts. Dans le cas de Colomiers Rugby, cela a permis de créer un lien fort entre recherche et terrain, avec des résultats directement intégrés dans le quotidien du staff. À une entreprise qui hésite, je dirais que c’est un investissement plus que bénéfique : on ne produit pas seulement de la connaissance, mais des solutions concrètes, adaptées et à forte valeur ajoutée, qui peuvent transformer durablement les pratiques dans les différents process de l’entreprise.

 

Ce qui me rend le plus fier dans mon parcours doctoral, c'est d'avoir évolué au sein de Colomiers Rugby durant cette période et d’avoir eu la chance de signer un CDI à la suite de cette thèse.

 

Quel a été votre plus grand défi pendant votre thèse ? Et comment l’avez-vous surmonté ?

Le plus grand défi fut de combiner terrain et recherche. D’un côté il fallait répondre aux questions de recherche de ma thèse et d’un autre répondre aux attentes du staff sportif dans le cadre de mon poste de data scientist au club. Pour surmonter cela, je dirais que l’organisation et la clé, notamment avec la grande aide de mon tuteur qui m’a mis dans les meilleures conditions pour cela grâce à des réunions hebdomadaires où nous nous fixions des micro objectifs.

Comment la collaboration avec le club et le laboratoire a-t-elle enrichi votre expérience ?

Elle a enrichi mon expérience car j’ai réellement pu comprendre les mécanismes et problématiques de la recherche appliquée dans le cadre du rugby. C’est quelque chose que je souhaite continuer en entretenant les liens avec le laboratoire pour mener différents projets utiles pour la recherche et le club.

Quelle est votre situation actuelle ou votre projet professionnel ?

Actuellement je suis en CDI au sein de Colomiers Rugby en tant que data scientist avec l’équipe professionnelle. Je m’occupe du suivi de la charge et de la performance des joueurs à partir des diverses données à notre disposition (GPS, outils vidéo, plateforme de force, dynamomètre…).

Quels conseils donneriez-vous à un(e) futur(e) doctorant(e) intéressé(e) par une thèse CIFRE ?

Je lui dirais que ce n’est pas un parcours de tout repos mais que si sa motivation première est de faire de la recherche pouvant avoir un effet concret et utile à l’entreprise qu’il souhaite intégrer alors ce ne sera que valorisant pour lui/elle. Ce que j’ai adoré dans cette thèse c’est l’utilité que l’on peut amener avec nos recherches dans le développement de méthodes, d’outils ou de process pour aider notre structure et la rendre encore plus performante.

Publié le 14 04 2026

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